Taxonomie
Famille
Détails
Code eppo

PIIST

Famille

Araceae

Espèce

Pistia stratiotes L.

Type malherbologique

01- Feuilles large / Broad leaves

Description synthétique

P. stratiotes est une plante flottante, dérivante, sans tige, formée d'une rosette de feuilles, de 5 à 25 cm de diamètre et de stolons courts donnant naissance à des plantes filles. Un gros réseau de racines fibreuses pend sous l'eau. Les feuilles disposées en rosette dense, sont sessiles, largement spatulées et charnues, constituées d'un tissu très aéré flottant. Les deux faces sont velues, d'un vert grisâtre ou jaunâtre. Les fleurs sont nombreuses, petites et cachées à la base des feuilles, entourées d'une petite pièce foliacée vert pâle ou blanche longue de 7 mm. Les fruits sont de petites baies allongées de 6 à 10 mm de long, contenant plusieurs graines sombres.

Cotylédons
Premières feuilles

Arrondies ou obovales, à peine pétiolées, étalées à la surface de l'eau de 1 à 2 mm de diamètre. La graine noire reste fixée quelques temps à la plantule.

Aspect

Plante aquatique flottante, dérivante, acaule, à feuilles spatulées formant une rosette dense de 3 à 15 cm de hauteur et de 5 à 25 cm de diamètre, rapidement stolonifère.

Appareil souterrain

Nombreuses racines fasciculées fibreuses, pendantes, pouvant mesurer jusqu'à 50 cm de long, et munies de nombreuses radicelles perpendiculaires.

Tige

Plateau de tallage indistinct à la base des feuilles. Présence de stolons latéraux partant de la base des feuilles, cylindriques de 1 à 5 mm de diamètre, en fonction de la taille du pied mère, à l'extrémité desquels se développent des plantes filles. Ces stolons apparaissent dès le stade 3 à 4 feuilles des jeunes plantes issues de germination.

Feuille

Simples, alternes, sessiles et spongieuses, spiralées en rosette dense. Le limbe est spatulé, obovale avec un sommet arrondi à tronqué et une base en coin, de 6 à 12 cm de long sur 3 à 6 cm de large, avec 5 à 7 (13) nervures subparallèles particulièrement saillantes à la face inférieure. La face supérieure est verte et tomenteuse tandis que la face inférieure est plus pâle et à tomentum plus dense.

Inflorescence

Petite, cachée par les feuilles, portée par un pédoncule très court, long d'environ 4 mm. Elle est formée d'une spathe blanchâtre longue de 5 à 25 mm, persistante, glabre à l'intérieur et tomenteuse à l'extérieur, formant 2 cavités.

Fleur

Elle est formée d'une spathe blanchâtre longue de 5 à 25 mm, persistante, glabre à l'intérieur et tomenteuse à l'extérieur, formant 2 cavités. A l'intérieur se trouve un spadice très réduit, fixé à la base de la spathe, portant une seule fleur femelle dans la cavité inférieure, sans périanthe, et 2 à 8 fleurs mâles apicales, dans la cavité supérieure, insérées en verticille sur un axe sous-tendu par une cupule peu profonde. Les fleurs mâles sont réduites de 2 étamines soudées. La fleur femelle est solitaire, réduite à un ovaire ovoïde uniloculaire, inséré en biais sur l'axe du spadice, à une loge contenant plusieurs ovules sessiles. Le style est court, un peu recourbé vers l'axe, surmonté d'un stigmate globuleux.

Fruit

Baie ellipsoïde, de 6 à 10 mm de long et 3 à 6 mm de large, à paroi mince, contenant 4 à 12 graines.

Graine

Graine : ovoïde ou oblongue, d'environ 2 mm de long et 1 mm de large, au sommet tronqué et déprimé en forme de disque. Tégument rugueux, de couleur brun sombre.

Biologie

P. stratiotes est une plante aquatique, flottante, vivace qui peut se multiplier par graines ou par multiplication végétative par émission de nombreux stolons à l'extrémité desquels se forment des plantes filles. Lorsque les vieilles feuilles pourrissent, les fruits tombent et coulent au fond de l'eau où ils finissent par pourrir en libérant les graines. Dès qu'il y a de la lumière, les graines germent sur le fond de l'eau. Lorsque les premières feuilles se forment, le tissu lacuneux permet à la plantule de remonter et de flotter en surface. Cette espèce a une croissance très rapide. Elle double sa biomasse tous les 10 à 15 jours en fonction de la température de l'eau et de la teneur en nutriments. Biomasse de l'ordre de 200 t/ha.

Ecologie

Plante flottante en eau douce, pH 4. Température optimale 22 à 30°C [15-35], bénéficie des teneurs élevées en N,P,K dans le milieu. Elle est présente à Madagascar jusqu'à 1200 m d'altitude.

Origine

Incertaine, probablement originaire d'Amrique du Sud (Rivers, 2002).

Répartition mondiale

Toutes les régions tropicales subtropicales et tempérées chaudes

Agressivité générale

Empêche la navigation, bloque les barrages, gêne l'accès à l'eau pour le bétail et les populations ainsi que la pêche, bloque les pompes, intercepte la lumière, réduit le taux d'oxygène, augmente de 2 à 8 fois l'évaporation d'une surface d'eau libre, bouleverse l'équilibre minéral, fort dégagement d'H2S. Hôte préférentiel pour différentes espèces de moustiques (Anopheles, Mansonia) vecteurs du paludisme, encephalomyelithe et filariose.

Agressivité ocale

Bénin : rare et peu abondante.
Burkina Faso : rare et peu abondante.
Côte d'Ivoire : fréquente et généralement abondante.
Ghana : rare et peu abondante.
Mali : rare mais abondante quand elle est présente.
Nigeria : rare et peu abondante.
Ouganda : fréquente et généralement abondante.

Lutte générale

Lutte mécanique : La lutte mécanique peut être réalisée de différentes façons - récolte manuelle au filet et à la fourche depuis la rive, récolte par tapis roulant, récolte par bateau récolteur. Ce type de récolte nécessite une mise en tas sur la rive suivie d'une évacuation par camion sur un autre lieu ou la biomasse sera laissée à pourrir. Compte tenu de la vitesse de multiplication de la jlaitue d'eau et de la quantité de biomasse produite, ce groupe de méthodes n'a jamais permis de lutter efficacement contre une invasion par ces espèces. Ces méthodes nécessitent une main d'oeuvre très importante et ont un coût énergétique très élevé (tapis, bateaux, camions) qui doivent être permanents. Les seuls cas pour lesquels ces méthodes sont maintenues concernent le dégagement des barrages et des prises d'eau des centrales hydro-électriques, les prises d'eau des pompes l'approvisionnement en eau et les chenaux d'entrée et de sortie de port sur les grands lacs et grands fleuves. Compte tenu de la biomasse produite et de la vitesse de croissance prévoir l'évacuation de 20kg/m² tous les 10 à 15 jours. Lutte chimique : En France seules deux molécules sont homologuées pour le désherbage des plantes aquatiques et semi-aquatiques : le dichlobénil efficace sur monocotylédones et dicotylédones (80 à 160 kg.ha-1 de p.c. en fonction de la profondeur d'eau), à noter que ce produit présente un risque d'intoxication pour les poissons à forte dose ; le glyphosate pour la destruction des plantes semiaquatiques hélophytes (2160 g.ha-1 m.a. jusqu'à 3240 g.ha-1 m.a. pour la massette). Cependant la mortalité brutale et massive de l'ensemble des Laitue d'eau se traduit par une énorme masse de matière organique qui coule et se décompose au même moment, ce qui se traduit par un dégagement important de H2S dans le milieu. Lutte biologique : Un charançon est proposé pour la lutte biologique contre P. stratiotes. Il s'agit de : Neohydronomus affinis Hustache (Coleoptera : Curculionidae, Erirhinae)
Pour des informations générales sur le désherbage du riz irrigué et de bas-fond en Afrique consulter:
http://www.afroweeds.org/network/pg/file/read/1901/gestion-des-adventices-du-riz-en-afrique
Pour des conseils de désherbage des adventices aquatiques flottantes du riz irrigué et de bas-fond en Afrique consulter:
http://www.afroweeds.org/network/pg/file/read/2301/gestion-des-mauvaises-herbes-aquatiques-flottantes-dans-les-riz-irrigus-et-de-basfonds-jonne-rodenburg-africa-rice-center

Lutte locale
Usages
Bibliographie

Le Bourgeois T. 2006. Dossier technique concernant Neochetina eichhorniae et N. bruchi (Coleoptera - Curculionidae) et Neohydronomus affinis (Coleoptera - Curculionidae) pour une demande d'importation et de âcher à la Réunion en vue de la lutte biologique contre Eichhornia crassipes (Pontederiaceae) et Pistia stratiotes (Araceae) plantes aquatiques exotiques envahissantes des étendues d'eau douce littorales Cirad, Saint Pierre, Réunion. Le Bourgeois, T., Carrara, A., Dodet, M., Dogley, W., Gaungoo, A., Grard, P., Ibrahim, Y., Jeuffrault, E., Lebreton, G., Poilecot, P., Prosperi, J., Randriamampianina, J.A., Andrianaivo, A.P., Théveny, F. 2008. Advent-OI : Principales adventices des îles du sud-ouest de l'Océan Indien.V.1.0. In Cirad [ed.]. Cirad, Montpellier, France. Cdrom.

Liens web

http://www.issg.org/database/species/ecology.asp?si=285&fr=1&sts=sss&lang=FR http://www.ars-grin.gov/cgi-bin/npgs/html/taxon.pl?102491 http://www.tropicos.org/Name/2103622 http://idao.cirad.fr/species?search=all